Le trafic routier & la faune sauvage
1. Problématique
« Le territoire est soumis à la demande permanente de nouvelles infrastructures de transport : entre 1990 et 1998, près de 33.000 hectares, soit environ 10 hectares de terres par jour, ont été pris dans l’Union européenne pour la construction routière… Nombreuses sont les zones du territoire européen qui sont extrêmement fragmentées par les infrastructures de transport. La taille moyenne des unités spatiales contiguës, non traversées par une grande infrastructure de transport, varie entre environ 20 km² en Belgique et près de 600 km² en Finlande, avec une moyenne dans l’Union européenne d’environ 130 km²» (Agence Européenne pour l’Environnement, 2001).
1.1 Introduction
Les routes représentent une menace conséquente pour de nombreuses espèces animales. Dans cet article, nous aborderons surtout l’impact direct et visible du réseau routier sur la faune sauvage : les collisions avec les animaux. N’oublions pas toutefois que le réseau routier a pour effet, en plus de la mortalité directe de la faune par collision, la perte et la dégradation des habitats adjacents, leur pollution, la modification du microclimat et des conditions hydrologiques, ainsi que l’accroissement des activités humaines dans ces zones. Tous ces éléments provoquent une perte et une perturbation considérables des habitats naturels. En outre, ces routes créent des obstacles aux mouvements de nombreux animaux, obstacles qui peuvent isoler des populations et les conduire au déclin à long terme.
La mortalité est probablement l’effet du trafic sur la faune le mieux connu. Des millions d’individus de nombreuses espèces animales sont tués chaque année sur les routes, et bien plus encore sont gravement blessés. Il est vrai qu’un nombre important d'animaux morts n’implique pas nécessairement une menace pour les populations, mais peut indiquer que ces espèces sont abondantes et très répandues localement. Il semble que la mortalité par collision ne représente qu’une faible proportion (1 à 4 %) de la mortalité des espèces courantes (rongeurs, lapins, renards, moineaux, merles, etc.). Quoique cette dernière représente la deuxième cause de mortalité chez le Hérisson. Toutefois, pour les espèces plus sensibles, le trafic peut être une cause majeure de mortalité et un danger important pour la survie d'une population locale. Ainsi, en Flandres, plus de 40 % de la population de Blaireaux sont tués sur les routes chaque année. Une telle perte représente une grave menace pour la survie à long terme des Blaireaux dans la région. La mortalité aviaire peut aussi être élevée. Les grands projets routiers avoisinant ou traversant les zones humides peuvent obliger une grande diversité d’oiseaux à voler au-dessus des routes, augmentant ainsi le risque de mortalité par collision. Les grands oiseaux comme les rapaces sont attirés vers les accotements herbeux par les petits mammifères et les oiseaux qui s’y trouvent. Nombre d’entre eux sont tués alors qu’ils volent bas au-dessus de la route pour chasser.
Espèces particulièrement sensibles à la mortalité par collision :
• Les espèces rares ayant des petites populations locales et des domaines vitaux individuels étendus, comme les grands carnivores.
• Les petits carnivores (Renards, Loutres, Fouines, Belettes, Putois) qui prospectent de vastes territoires.
• Les espèces effectuant des migrations quotidiennes ou saisonnières entre des habitats locaux. Les amphibiens sont particulièrement sensibles à la mortalité routière lorsqu’ils traversent les routes à l’occasion de leurs déplacements saisonniers depuis ou vers les mares de reproduction. Certaines espèces de Cervidés utilisent des habitats différents selon le moment de la journée et traversent souvent les routes et les voies ferrées pour satisfaire leurs besoins.
• Les espèces se croyant protégées par des piquants (Hérissons), par la toxicité de leur organisme (Crapauds, Salamandres), etc.
1.2 Plus précisément
Collisions avec les insectes
En France, dans la région de Fontainebleau, une étude (1990) a permis d'estimer à 66.000 milliards le nombre d'insectes tués par collision directe et 120 à 200 Tonnes/an d’insectes tués et projetés sur les bas côtés. Vu que les champs cultivés sont devenus, en raison des pesticides, inhabitables pour de nombreuses espèces d’insectes, et sachant que les bas côtés jouent un rôle important de « corridors biologiques de substitution », on devrait peut être se pencher sur la question.
Collisions avec les amphibiens
Lors des migrations annuelles vers le lieu de reproduction, les crapauds, les grenouilles et les tritons subissent de véritables hécatombes, avec parfois des milliers de cadavres sur quelques centaines de mètres de route. Ces migrations ont lieu après la tombée du jour, par temps assez doux (plus de 4°C) et en général humide (souvent plus de 60% d’humidité relative). En général, du moins en Belgique, les déplacements importants commencent dès la mi-février et ils peuvent s’étaler jusqu’au début avril si des périodes de froid interrompent régulièrement la migration.
Après la sortie de l’eau, les mortalités sont plus discrètes. Les jeunes amphibiens sont alors très vulnérables (90% de mortalité). Ils meurent déshydratés en quelques minutes sur le bitume ou sur le bêton sec.
Collisions avec les oiseaux
Toutes les espèces d’oiseaux sont concernées, mais en particulier les espèces migratrices et celles dont le terrain de chasse se trouve à proximité des routes. Pour certains oiseaux, les bords de routes représentent en effet un milieu agréable et attirant : les rapaces nocturnes et diurnes y trouvent un terrain de chasse rentable et plutôt tranquille ; pour les corvidés, mouettes et rapaces charognards, les nombreux cadavres sont une source de nourriture facile à exploiter en hiver ; en été, ce sont les oiseaux insectivores, granivores et frugivores qui y sont attirés.
Tous ces oiseaux risquent sans cesse d’entrer en collision avec un véhicule. Le nombre et les circonstances des accidents varient fortement, notamment en raison des différences de comportements des oiseaux. Certaines espèces (comme par exemple les Pies et les Corneilles) sont nettement plus habiles que d’autres quand il s’agit d’éviter un véhicule, tandis que la manière de voler de certains oiseaux leur fait prendre plus de risques. Pour les oiseaux ayant un décollage assez lourd, un vol assez lent et bas ou une manœuvrabilité limitée et pour ceux qui se déplacent régulièrement au sol, les menaces dues au trafic routier sont évidemment décuplées.
Les rapaces utilisent souvent comme postes d’affût les nombreux piquets, poteaux indicateurs et électriques qui bordent les routes. Durant la mauvaise saison, on peut régulièrement apercevoir des Buses perchées le long des (auto)routes, fouillant le sol du regard. Depuis ces postes d’observation, les oiseaux n’ont, à l’envol, ni l’espace ni le temps nécessaires pour atteindre une hauteur de sécurité suffisante lors de leur traversée de la route. En outre, ils sont souvent surpris par l’aspiration provoquée par les véhicules, l’importance de cette aspiration allant de pair avec leur vitesse et leur volume. Le fait de fixer leurs proies avec tant de concentration rend également les rapaces moins attentifs à la circulation, l’effet de surprise leur étant souvent fatal. Enfin, les rapaces nocturnes, lorsqu’ils sont éblouis par les phares ou luminaires alors qu’ils chassent de nuit, semblent le moins bien éviter les véhicules. Ainsi observe-t-on une forte surmortalité des Chouettes et des Hiboux le long des routes à proximité de leurs habitats. Ils meurent de collision en plus grand nombre que les rapaces diurnes, alors que les véhicules sont bien plus rares sur les routes la nuit.
Collisions avec les mammifères
La collision avec un véhicule est l’une des premières causes de mortalité du Blaireau en Europe de l’Ouest. La Loutre est également mise à mal par le réseau routier en République Tchèque ou encore en Bretagne où, là-bas, les collisions routières sont devenues la principale source de mortalité directe due à l’Homme. Le Hérisson d’Europe paye également un lourd tribut au réseau routier vu que les collisions routières représentent la seconde cause de mortalité chez cette espèce. La mortalité routière est l’une des premières causes de mortalité des Ecureuils roux dans l’île de Wight. Si la route tue indifféremment les petits rongeurs comme les grands herbivores, elle a donc un impact particulièrement important chez les espèces sensibles dont les populations sont déjà mises à mal.
On manque de données chiffrées pour les petits mammifères (hormis quelques études très ponctuelles et/ou portant sur les Hérissons, les Blaireaux, les Loutres ou les Ecureuils), mais de nombreuses données existent concernant les espèces dites « grands gibiers ». Elles sont d’ailleurs à l’origine de la création des premiers passages à faune (écoducs). Dans les pays où les plans et quotas de chasse et l’agrainage ont permis aux populations de sangliers et d’ongulés de fortement croitre depuis les années 1970, les collisions se sont ainsi multipliées. Ces dernières sont ainsi passées de 3.700/an en 1970 à 23.500/an en 2007 en France. Le coût de ces accidents s’élève à 115-180 millions d’euros, soit 3 à 5 fois le total des indemnisations agricoles liées aux dégâts du gibier.
2. Causes
Le nombre et la densité des collisions sur les routes varient selon certains facteurs comme la température, les précipitations, la saison et l’heure, et ont tendance à suivre les rythmes quotidiens du trafic et de l’activité animale. Les variations saisonnières de la mortalité animale sont influencées par les modes de reproduction, de dispersion et de migration saisonnière, ainsi que les perturbations saisonnières comme la chasse. Le contexte paysager des routes influe également sur les niveaux de mortalité animale par collision. Les routes longeant ou traversant les lisières entre la forêt et la prairie sont ainsi particulièrement dangereuses pour les animaux qui se déplacent régulièrement de leur abri en forêt à une zone de nourriture en prairie.
Les accotements présentant une végétation riche et variée posent également un problème en favorisant la présence de nombreux groupes d’insectes, tels abeilles, papillons diurnes et autres coléoptères. Ces insectes attirent à leur tour nombre d’oiseaux insectivores. Les plantations d’arbustes à baies, d’arbrisseaux et d’arbres le long des autoroutes ou voies rapides (mais aussi sur les bermes centrales) constituent également une force attractive non négligeable pour les oiseaux dont une partie de la nourriture se compose de fruits. La présence d’une riche variété végétale attire également de nombreux petits rongeurs et insectivores vers les accotements. Cette vie foisonnante entraîne la venue de nombreux prédateurs aux abords des routes comme les rapaces, le renard, les mustélidés mais aussi toutes les espèces nécrophages. Et chacun coure à tout moment le risque de se faire happer par une voiture.
3. Coût de la mortalité animale sur les routes
Si l’impact négatif de l’infrastructure routière sur le monde animal n’est plus à démontrer, il faut également aborder le coût que représente la mortalité animale sur les routes pour les Hommes.
Les collisions entre les véhicules et la grande faune ont un coût pour la collectivité. En France, les chiffres de l’Office national interministériel de la Sécurité routière estiment le coût global à 150 millions d’euros, dont 96 millions pour les seuls sangliers. Ceux-ci, en raison de leur abondance, de leur compacité et de leur poids, conduisent de très loin aux dégâts les plus importants et les plus coûteux. Le nettoyage de la route a également un coût conséquent s’élevant jusqu’à 1000 euros.
Les dommages sont malheureusement parfois corporels pour les Hommes aussi, entraînant même des pertes en vies humaines (200 automobilistes tués et des milliers de blessés chaque année en Floride).
4. Solutions
Une solution proposée par plusieurs scientifiques et experts, pour tenter de diminuer les impacts de la croissance humaine et de la fragmentation écologique du territoire, est de mettre en place, de restaurer ou de maintenir un réseau de corridors biologiques autres que les bords de route permettant de connecter les réserves naturelles entre elles.
D’autres mesures plus directes destinées à protéger la faune aux abords des infrastructures de transport et à réduire la fragmentation de l’habitat existent également et se partagent en deux groupes :
- Mesures réduisant directement la fragmentation en assurant la connectivité des habitats touchés par l’infrastructure, c’est-à-dire les ouvrages de franchissement pour les animaux ou passages à faune (supérieurs, inférieurs, etc.)
- Mesures améliorant la sécurité routière et réduisant l’impact du trafic sur les populations animales par une baisse de la mortalité
Dans la pratique, cette distinction est souvent floue. Les mesures peuvent remplir les deux fonctions, mais peuvent aussi avoir un effet négatif associé. Ainsi, les clôtures sont un bon moyen de réduire le nombre de collisions entre véhicules et grands mammifères, mais en même temps, elles accroissent la fragmentation de l’habitat. Il est de toute façon important de traiter au cas par cas en fonction de la situation sur le terrain.
Différentes mesures existantes :
• Les clôtures :
La construction de barrières, comme des clôtures, est une des approches les plus courantes pour prévenir les collisions avec la faune. Leur défaut est d’accroître l’effet de barrière. C’est pourquoi il faut assurer aux espèces concernées assez de moyens pour traverser la route. Dans la plupart des cas, les clôtures doivent donc être associées à des passages à faune. Elles remplissent alors une fonction importante en guidant les animaux vers les points de franchissement. Lorsque la sécurité routière n’est pas en jeu, les clôtures ne doivent être posées que si la mortalité animale menace toute une population. En cas contraire, l’effet de barrière peut être encore plus néfaste pour la survie des populations à long terme que la mortalité par collision.
• Passages à faune :
Utilisés conjointement avec les clôtures, les passages à faune supérieurs ou inférieurs donnent la possibilité aux animaux d’éviter une route, sans perturber leurs déplacements ou leurs migrations.
Les passages à faune supérieurs et les ponts verts sont des ponts spécialement construits pour la faune, généralement au-dessus d’une route à plusieurs voies et/ou supportant un trafic dense et rapide, au-dessus d’une ligne ferroviaire à grande vitesse ou au-dessus de l’association des deux. C’est un moyen coûteux mais efficace de réduire, au moins localement, l’effet de fragmentation d’une infrastructure de transport pour tous les groupes d’animaux terrestres.
En ce qui concerne les passages inférieurs, lorsque des passages hydrauliques vont être construits à des intervalles réguliers, la meilleure solution est d’améliorer leur conception pour les transformer en passages à faune. En revanche, lorsqu’il n’est pas prévu de construire de passages hydrauliques, il convient d’envisager de petits ouvrages supplémentaires pour améliorer la perméabilité générale de l’infrastructure. Cela est important pour permettre la dispersion des espèces. De petits passages spécifiques peuvent aussi être nécessaires lorsque les animaux franchissent régulièrement une infrastructure et souffrent d’une mortalité élevée. C’est le cas en particulier pour les espèces telles que les Blaireaux ou les Loutres qui empruntent des coulées. Dans certains pays, comme aux Pays-Bas, des tunnels pour Blaireaux ont été construits en de nombreux endroits. Ils ont permis de collecter de nombreux renseignements.
• Ponts suspendus :
Les mammifères arboricoles peuvent avoir besoin de passages spécifiques. Les Ecureuils, les Martres et les Fouines franchissent volontiers les routes; les clôtures ne sont pas des obstacles pour eux. Lorsque le trafic est dense, la mortalité peut donc être élevée. Par ailleurs, les Gliridés (Lérots, Loirs et Muscardins) descendent rarement jusqu’au sol et préfèrent traverser la route lorsque les branches des arbres sont suffisamment rapprochées d’un côté à l’autre de l’infrastructure.
Les passages à faune supérieurs sont facilement utilisés par les Ecureuils et les Martres, mais ne sont adaptés aux Gliridés que s’ils sont couverts d’arbres. Toutefois, les passages conçus ou adaptés pour permettre aux animaux arboricoles de traverser l’infrastructure peuvent constituer une bonne solution pour réduire la mortalité animale. Ces passages supérieurs sur canopée n’ont encore été construits ou planifiés que dans peu de pays. Il semble toutefois que ces ponts soient efficaces notamment pour l’Ecureuil sur l’île de Wight, le Muscardin en Allemagne et le Gliridé endémique du Japon.
• Les traverses :
Les traverses constituent une solution alternative aux structures coûteuses et consiste en une ouverture dans la clôture, accompagnée de panneaux de signalisation avertissant les automobilistes de l’existence de cette traverse. Ce dispositif existe déjà aux Pays-Bas.
• Fermeture temporaire des routes :
Dans le cas des migrations saisonnières, la fermeture temporaire des routes peut être une solution, notamment pour les batraciens. Cela se pratique déjà en France par exemple sur la route des étangs dans la forêt de Meudon, fermée trois semaines en avril. Une signalisation adaptée garantit en général une bonne acceptation de la part des usagers.
• Pose de panneaux de signalisation :
La pose de panneaux de signalisation au début des routes concernées par le problème ne semble pas être très efficaces, du moins lorsqu’il s’agit des panneaux conventionnels du code de la route.
• Répulsifs :
Les répulsifs ont pour but d’éloigner les animaux de la route ou de la voie ferrée, afin de réduire le nombre de collisions. Ils sont essentiellement destinés au Cerf. Il existe plusieurs systèmes basés sur des dispositifs optiques (réflecteurs et miroirs), acoustiques (à ultrasons) ou olfactifs (concentré d’odeur d’êtres humains, de Loups et d’autres prédateurs). L’expérience a montré que l’efficacité de ces mesures est généralement très limitée.
• Adaptation de la végétation adjacente à la route :
Il existe différents modes de conception et de gestion de la végétation longeant les routes et les voies ferrées, dont le but est de réduire le nombre de collisions. Certains sont destinés à empêcher les animaux d’accéder à la chaussée en les attirant sur d’autres sites, en influençant leur comportement ou en les rendant plus facilement visibles aux conducteurs.
Une solution serait ainsi de créer des habitats « alternatifs » attirants et éloignés des routes mais il existe peu d’espaces disponibles. De plus, cette mesure n’empêcherait pas la fragmentation des habitats ni ne règlerait le problème des animaux inféodés aux écotones qui chercheront toujours à longer un axe de transport. On pourrait également envisager la coupe de la végétation pour diminuer l’attrait des animaux pour cette zone ou de sélectionner avec soins des plantes non comestibles dans ce même but. Des haies pourraient guider les animaux vers les passages à faune comme surélever le passage des rapaces au dessus de la route.
• Réduction du trafic et de la vitesse
Enfin, une solution qui serait sans doute peu appréciée des automobilistes mais qui diminuerait efficacement le nombre de collisions avec la faune : réduction du trafic (sens unique, accès limité, etc.) et de la vitesse (panneaux de signalisation, ralentisseurs, rétrécissement de la route, etc.). Ces mesures pourraient s’appliquer de manière ponctuelle tant dans le temps que par endroit et ce, notamment, en attendant des aménagements pertinents.
5. Qu’en est-il chez nous ?
La Belgique possède une superficie de 30.518 km² et l’on y trouve plus de 50 kilomètres d’autoroute par 1.000 km². Dans ce domaine, notre royaume laisse tous les autres pays européens loin derrière lui et il n’est pas étonnant qu’un réseau routier aussi dense fasse tant de victimes parmi notre faune sauvage.
En 1994, la LRBPO organisait une vaste campagne d’inventorisation des victimes du trafic routier parmi la faune sauvage. Entre le 1er juillet 1994 et le 1er octobre 1995, les cadavres de 4.866 oiseaux (52%), 3.539 mammifères (46%) et 141 amphibiens (2%) furent dénombrés sur des zones précises. En ce qui concerne cette dernière catégorie, le pourcentage des victimes de la route ne correspond nullement à la réalité puisque les inventaires n’ont pas été opérés dans les zones particulières à la transhumance saisonnière des grenouilles et crapauds. Suivant les résultats du transbordement des amphibiens par les groupes de travail HYLA, il s’agit en fait de 8.455 victimes de routes en 1995-1996. Cette étude doit être abordée de façon très critique d’autant plus que les causes de sous-évaluations sont nombreuses : sous l’effet de la prédation (corvidés, rapaces, renard, mouette, fouine, rat, etc.), les victimes en bordure de routes peuvent disparaître rapidement ou être soustraites au regard dans la végétation limitrophe. Néanmoins, cette enquête a estimé que la moyenne annuelle minimale du nombre des victimes parmi les vertébrés représente quatre millions d’individus ! Parmi les individus « cibles », l’étude a relevé particulièrement ceux actifs en période de reproduction, suivis ensuite par un grand nombre de juvéniles.
Bibliographie
Cet article s’est largement inspiré du dossier « Faune et trafic – Manuel européen d’identification des conflits et de conception de solutions » de BjØrn et al. (2003). Autres sources de renseignements : « Mortalité animale due aux véhicules », Wikipédia ; Rodt, J. (1994) La faune et le trafic routier, L’Homme et l’oiseau, 2, 109-118.
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