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COMMUNIQUÉ DE PRESSE


17 mars 2010

Les amphibiens ne vont pas bien. Que peut-on faire ?


La situation des amphibiens (aussi connus sous le nom de batraciens) dans le monde est particulièrement inquiétante. Au niveau mondial, 30 % des 6 000 espèces connues sont directement menacées d’extinction (selon les critères de la très sérieuse Union Internationale pour la Conservation de la Nature, observateur officiel auprès de l’Assemblée générale des Nations Unies) !


Si le continent européen abrite à peine 85 espèces d'amphibiens, notre responsabilité n’en est pas moins importante puisque les trois quarts sont endémiques, c’est-à-dire qu’on ne les retrouve nulle part ailleurs dans le monde.

En Wallonie et à Bruxelles


En Wallonie, une grande enquête menée entre 1985 et 2003 a permis d’établir un atlas de répartition des différentes espèces d’amphibiens (et de reptiles). En est sorti un ouvrage détaillé, qui vient d’être réédité : « Amphibiens et reptiles de Wallonie » (Jacob et al. 2007, publié par la Région wallonne et Natagora, 25 € sur www.boutique-verte.be, > Plus d'info).


Cette enquête a montré la disparition de la rainette verte et du pélobate brun, tous deux heureusement encore présents en Flandre, ainsi que la situation extrêmement critique du sonneur à ventre jaune. Le crapaud calamite et le triton crêté sont dans une situation à peine plus enviable.

À Bruxelles, la grenouille verte et l’alyte accoucheur ont disparu, et l’état de santé de la salamandre n’est guère enviable.


Des causes de régression nombreuses


Les amphibiens sont liés à des habitats qui doivent répondre aux impératifs de leur « double vie » (terrestre et aquatique). Cela les rend particulièrement sensibles aux modifications d’habitat (des comblements de zones humides aux destructions de forêts tropicales…). D’autres attaques leur sont aussi fatales : pollutions, introductions d’espèces invasives (concurrence, hybridation, transport de maladies), prélèvements excessifs (consommation, fabrication de médicaments, terrariophilie), acidification des pluies… Les changements climatiques génèrent aussi de vives inquiétudes pour ces espèces aux faibles capacités de dispersion.

La protection porte ses fruits !


Les amphibiens répondent favorablement à des projets de restauration bien menés.


Citons par exemple l’alyte de Majorque, petit crapaud endémique de cette île des Baléares, jusqu’il y a peu une des espèces les plus menacées d’Europe, qui, grâce à une politique énergique incluant la création de réserves, une réduction des concurrents-prédateurs introduits et un renforcement des populations grâce à l’élevage, a vu ses populations se reconstituer.


Aux Pays-Bas et en Flandre, les naturalistes ont réussi à recréer le réseau écologique nécessaire à la survie de la rainette verte, dont l’avenir semblait bien sombre il y a 10 ans à peine. Résultat : aux Pays-Bas, le nombre de rainettes vertes recensées, en constante augmentation, a été multiplié par six en seulement douze ans, sur plus de 400 plans d’eau.


Chez nous, plusieurs plans d’action (Région wallonne et Natagora) ont été récemment lancés pour le sonneur à ventre jaune (crapaud qui a la pupille en forme de cœur) et le crapaud calamite. Les premiers résultats tangibles sont déjà notés.

Vous aussi, agissez !


Parlez-en autour de vous, sensibilisez votre entourage à la cause des amphibiens.


Quatre gestes simples :

- Évitez de consommer des cuisses de grenouille

- Ralentissez sur les routes où passent des batraciens

- Creusez une mare naturelle dans votre jardin

- Et surtout évitez les pesticides, au jardin ou ailleurs ! Même le Round Up, longtemps présenté comme un pesticide non nocif pour la faune, est un perturbateur important de croissance des têtards.

Aller plus loin :

- Limitez votre consommation générale. Vous diminuez ainsi la pression (empreinte écologique) que vous exercez sur les milieux naturels et sur le climat.

- Renseignez-vous sur ce que vous achetez. « L’huile végétale » de nombreux produits alimentaires est en fait de l’huile de palme, pour laquelle des hectares de forêts tropicales sont détruits...


Contact : Arnaud Laudelout ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. – 081/830.579)

Liens :

- Téléchargez l’article « État de la biodiversité : les amphibiens et les reptiles  »

- En savoir plus sur le Groupe de travail « batraciens et reptiles » de Natagora : www.natagora.be/rainne

Photos d’amphibiens : http://www.natagora.org/~journalistes/BatraciensVontPasBien/