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Eolienne et chauves-souris  

eolienne

La 12ème Nuit européenne de la chauve-souris, organisée les 30 et 31 août derniers, était une invite à observer l’étonnante diversité des chiroptères dont il existe près d’un millier d’espèces sur la planète. Une quarantaine d’entre elles vivent en Europe où elles sont protégées par une directive communautaire.
Mais cet événement était aussi l’occasion de prendre conscience des menaces entraînant le déclin de leurs populations: destruction des gîtes et des sites de reproduction, pesticides, pollution lumineuse, tourisme, …
Moins documenté est le danger que représentent les éoliennes pour ces mammifères volants. Depuis longtemps, on sait que les pales des aérogénérateurs peuvent être fatales à nombre d’oiseaux. Mais des études récentes montrent que les chauves-souris seraient plus nombreuses encore à en être victimes. Un paradoxe, puisque ces as de la voltige s’orientent en émettant des ultrasons qui, même dans l’obscurité la plus totale, leur permettent, par écholocation, de détecter les obstacles avec une remarquable précision;
surtout si ces obstacles sont en mouvement!

Dans la revue Current Biology du 26 août dernier, des chercheurs canadiens de l’université de Calgary avancent une explication scientifique à cette hécatombe. Ils ont examiné, dans un parc éolien de la province d’Alberta, les cadavres de 188 chiroptères (principalement des chauves-souris cendrées et argentées). Près de la moitié d’entre eux ne présentaient pas de blessure externe mortelle. En revanche, l’autopsie réalisée sur 75 carcasses a révélé, dans 92% des cas, une hémorragie interne, dans la cage thoracique ou la cavité abdominale.
Conclusion des auteurs: la cause principale de la mortalité des petits mammifères ailés n’est pas le heurt des pales mais un barotraumatisme, c.à.d. un choc provoqué par la baisse brutale de la pression de l’air au voisinage des lames dont la vitesse dépasse, à leur extrémité, la barre des 200 km/h. Un phénomène
bien connu des plongeurs qui, durant la remontée à la surface, doivent respecter des paliers de décompression afin d’éviter un accident de surpression. Les oiseaux y seraient moins vulnérables que les chauvessouris, en raison de la plus grande rigidité de leurs parois et vaisseaux pulmonaires.
La plupart des chiroptères ‘soufflés’ en vol par les éoliennes appartiennent à des espèces migratrices. Le risque de raréfaction, voire d’extinction, de leurs colonies est d’autant plus grand que toutes les femelles ne mettent pas bas chaque année et qu’elles ne donnent en général naissance qu’à un seul petit. Sur leurs routes de migration, longues parfois de plusieurs milliers de kilomètres, la disparition de ces voraces prédateurs d’insectes et de parasites pourrait aussi déstabiliser les écosystèmes. (Le Monde)
Le débat sur la dangerosité des éoliennes pour la faune sauvage est donc loin d’être clôt.