Les Pinnipèdes d'Europe
Contrairement à ce que beaucoup pensent, les phoques ne se cantonnent pas dans les régions glaciaires. Jusqu’au début du siècle, ils colonisaient toutes les mers d’Europe. La population des Pinnipèdes (sous-ordre comprenant, entre autres, les phoques et les otaries) était en forte régression jusqu’à ce que la chasse soit interdite. Actuellement, elle tend à se stabiliser.
En réalité, mis à part l’homme, le phoque a peu d’ennemis naturels dans les mers d’Europe depuis que l’Orque et l’Ours polaire ont disparu. Le phoque, nourri exclusivement de poissons et crustacés, se trouve en bout de chaîne alimentaire, là où s’accumulent les métaux lourds et les autres résidus toxiques.
Ces animaux sont pacifiques et aiment vivre en groupe. Les naissances se produisent généralement entre la fin juin et la fin juillet. Le bébé est allaité par sa mère durant un mois. Le lait de phoque est le plus gras des lait, tellement riche qu’il fait passer le jeune d’environ 8 kg à la naissance à 25 kg après 4 semaines à peine d’allaitement. Un poids un peu excessif mais qui se résorbera vite étant donné que les premières pêches ne sont guères fructueuses… Il s’agit d’avoir des réserves pour survivre à cet apprentissage.
Un phoque a besoin d’environ 5 kg de poisson par jour. Il puise dans sa couche de graisse pour survivre au moindre handicap, mais à la base cette couche qui peut atteindre 5 cm d’épaisseur avec le poil, a un rôle thermorégulateur.
La température corporelle du phoque est comprise entre 36,5° et 37°. Bien que le phoque soit un animal marin il respire à l’aide de poumons ce qui l’oblige à remonter à la surface toutes les 5 à 6 minutes.
En France et en Belgique, le phoque est actuellement une espèce protégée mais l’interdiction tardive de la chasse a engendré une faible population de ces pinnipèdes.
Principalement 2 espèces sont présentes: le Phoque gris et le Phoque veau-marin. Le gris préfère des milieux rocheux et est présent en France sur les côtes bretonnes (environ 60 individus entre les îles de Molène et l’archipel des Sept Iles).
Le Phoque veau-marin fréquente les baies, les estuaires et les bancs de sable, comme la baie du Mont Saint-Michel. Ce dernier est bien différent du Phoque gris par son aspect d’abord. Il est plus petit: 150 kg pour 2 m de long maximum chez les mâles et 120 kg pour 1,50 m chez les femelles. Le Phoque gris a une taille moyenne de 2 à 3 m pour environ 200 Kg.
Leur museau diffère également: le Phoque gris est comparé à une tête de cheval par rapport à son profil droit et le Phoque veau-marin a une forme plus arrondie, faisant plus penser à la tête de chien.
La robe est très variable chez ces 2 espèces et tire généralement plus sur le jaune tacheté de brun pour le Veau-marin et est plus grise pour le Phoque gris.
On peut quand même ajouter que, en Europe, quelques rares exceptions d’une troisième espèce subsistent en méditerranée, en Grèce et en Turquie: le Phoque moine.
Un ambitieux programme de sauvetage a été envisagé avec une reproduction en captivité pour relâcher des jeunes. Cette technique fut facilement réalisée pour le Phoque veau-marin qui se nourrit d’animaux lents, tels que mollusques ou crustacés. Cependant, le Phoque moine se nourrit de poissons qu’il lui faut chasser. De plus, une reproduction en captivité implique la capture d’individus sauvages, mettant en péril la faible population relictuelle.
En bref, la survie du phoque moine en Europe est aussi hasardeuse que celle de L’ours dans les pyrénées. Respectons la nature pour protéger les pinnipèdes et pour que tout le monde puisse encore longtemps les observer en Europe.
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