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Huîtrier pie (Haematopus ostralegus)

Huîtrier pieCe grand et robuste limicole au long bec orangé, comprimé latéralement, s'observe facilement grâce à son habit noir et blanc fortement contrasté. A l'origine, l'Huîtrier pie était un nicheur des estuaires avec des jeunes dunes, des étendues sableuses et des prés salés.

Au début du siècle passé, cette espèce ne nichait qu'au Zwin et parfois le long du Bas-Escaut, au nord d'Anvers. Actuellement, et comme dans tout le nord-ouest de l'Europe, elle peut nicher dans les prés et même dans les champs, car l'espèce accuse une forte tendance à l'augmentation de ses effectifs et possède un grand pouvoir d'adaptation, ce qui l'a amené a s'établir, en nombre croissant, dans les Polders maritimes et, ensuite, à l'intérieur des terres.

Pendant cette phase d'expansion en profondeur, les Huîtriers pies nichaient exclusivement sur les terrains industriels, comme ce fut le cas, dès 1951, à l'occasion des grands travaux portuaires à Anvers, sur les deux rives de l'Escaut.

Huîtrier pie2A partir de ces points de colonisation, l'espèce occupe de plus en plus fréquemment les terres cultivées, en campine anversoise et limbourgeoise principalement, où elle est devenue un oiseau nicheur assez répandu.

Malgré son nom, il ne consomme pas les huîtres. Sur les plages boueuses des estuaires et les brise-lames, il se contente de petits mollusques bivalves, des moules, qu'il ouvre avec son bec robuste, se nourrissant encore de vers de sable, de crustacés et d'insectes divers.

L'Huîtrier pie n'est plus considéré comme gibier en Belgique depuis 1972 et est donc devenu un oiseau inconditionnellement protégé. Mais les chasseurs frnaçais n'ont cure de ce statut de protection: dès le mois de juillet, tout Huîtrier pie qui traverse la frontière a de fortes chances de tomber sous les plombs des sauvaginiers français, la France n'ayant encore rien compris a l'esprit de gestion européenne des oiseaux migrateurs.