Ouverture de la chasse !
Voici le communiqué de presse de Natagora concernant la demande de révision de la loi sur la chasse et sur le «nourrissage». La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux félicite Natagora pour ses intentions et s’y associe avec ferveur.
Néanmoins, nous sommes cependant sceptique à propos de la vision d’une forêt sans «animaux sauvages» comme pourrait le laisser entendre l’encadré qui clôt ce communiqué de presse et pourrait malencontreusement résumer un propos en le déviant.
La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Ouverture de la chasse :
Natagora cherche d’urgence hommes et/ou femmes politiques
osant prendre les mesures qui s’imposent en matière de nourrissage du gibier
La chasse telle que pratiquée aujourd’hui est-elle encore compatible avec le respect de la qualité écologique et économique de nos forêts ? A cette question, Natagora répond : assurément non !
Sans doute le savez-vous : le gibier est nourrit dans nos bois. Quelle drôle d’idée pourtant… Comme si le « cochon des bois », espèce opportuniste et au régime omnivore, n’avait pas assez d’opportunités de dénicher sa nourriture dans la nature. Comme si cerfs et chevreuils avaient besoin de cette assistance… Cette « drôle d’idée » est pourtant une réalité : des tonnes de nourriture sont déversées chaque année en forêt pour nourrir et favoriser la multiplication de nos grands ongulés. La raison « officielle » de ce nourrissage est de garder le gibier dans les chasses forestières et éviter qu’il n’aille causer des dégâts dans les cultures avoisinantes. Pour Natagora, la raison « vraie » est tout autre : l’espèce prédatrice (le chasseur) a mis en place un fonctionnement visant à conserver plus de proies en vie… pour les tuer ensuite. Tout est fait donc pour conserver toujours plus de bêtes à tirer et garantir ainsi toujours plus de bénéfices pour les sociétés de chasse.
Quelques faits
Sangliers x 4 et cerfs x 2. La surdensité en grand gibier au sein des forêts de la Région wallonne n’est pas neuve : le nombre d’animaux est en hausse depuis près de 3 décennies. Ainsi, selon le Tableau de bord de l'Environnement 2010, la population de sangliers a quadruplé en 30 ans (1980 : 7.100 individus estimés, 2008 : 25.800) tandis que celle du cerf a doublé (1980 : 5.500, 2008 : 11.000). Seul le chevreuil semble, après avoir doublé en nombre lui aussi, réduire depuis quelques années ses effectifs.
Les densités élevées de sangliers provoquent d’importants dégâts aux sols forestiers, des dommages aux cultures, aux jardins des particuliers et un nombre toujours croissant d’accidents routiers. Les sangliers causent aussi une pression très forte sur la biodiversité. Les oiseaux qui nichent au sol, par exemple, comme la gélinotte des bois déjà mise en péril par l’évolution des pratiques de gestion forestière (disparition du régime de taillis), en souffrent particulièrement. De nombreux autres dommages sont recensés : dégâts directs aux milieux humides fragiles tant en forêt que dans les milieux ouverts périphériques, destruction des mares forestières, zones de sources et de suintements que les sangliers utilisent comme souilles. Ce ne sont que quelques exemples…
Les densités élevées de cervidés provoquent d’importants dégâts d’écorçage dans les forêts et constituent désormais une des principales menaces pour l’écosystème forestier. En bien des endroits, la régénération naturelle de nos forêts est en outre complètement anéantie.
Perte de certification forestière. Certaines communes commencent à perdre le certificat PEFC garantissant le caractère durable de leur gestion forestière.
Chasse dans les réserves naturelles. Alors qu’elles sont censées constituer des refuges pour la faune, les réserves naturelles sont toujours davantage agressées par la surdensité en gibier, contraignant leurs gestionnaires à devoir y accepter la pratique de la chasse. Un comble ! Plusieurs réserves de Natagora sont dans le même cas.
STOP !
Faute de décision prise globalement, certains gestionnaires commencent heureusement à prendre leur responsabilité. Ainsi, la Région wallonne, reconnaissant elle-même que les mesures fixant les conditions de nourrissage du grand gibier sont actuellement détournées, a pris la décision, par l’intermédiaire de son Ministre compétent, d’interdire le nourrissage du sanglier en forêts domaniales (appartenant à la Région ou l’Etat). Plusieurs Communes ont également interdit récemment le nourrissage dissuasif des sangliers dans leur cahier des charges de location de chasse. Citons notamment les Communes de Vielsam (décision du Conseil communal du 15 mars 2010), Daverdisse (Conseil communal du 08 mars 2011) ou de Chiny (Conseil communal du 12 mai 2011). De même, le nourrissage est désormais interdit par la Défense nationale dans ses principaux camps militaires (Elsenborn, Lagland et Marche-en-Famenne notamment).
Très bien, mais à quand une interdiction globale sur l’ensemble du territoire wallon, au regard des décisions prises par certains de nos voisins (le Grand Duché de Luxembourg et plusieurs Lands allemands entre autres) ? Depuis plusieurs années déjà, Natagora plaide pour la suppression du « nourrissage dissuasif » et, d’une façon plus générale, l’interdiction progressive de tout nourrissage de nos grands ongulés. Une solution sera sans doute, dans un premier temps, d’augmenter les plans de tir tout en diminuant progressivement l'apport de nourriture, pour arriver, dans une deuxième étape, à une interdiction complète du nourrissage. Mais ces étapes doivent être entamées dès à présent !!! Natagora demande une révision urgente des conditions actuelles de nourrissage du grand gibier telles que prévues par l’AGW du 28 mai 2003.
Plus généralement, il est évident que la législation relative à la chasse n’est aujourd’hui plus du tout adaptée aux situations de terrain. Natagora soutient dès lors la demande d’une révision profonde de la loi sur la chasse telle que déjà formulée par de nombreux acteurs concernés.
Invitation pour les journalistes !
Sans doute, ne croit-on que ce que l’on voit… Natagora vous invite dès lors à venir constater l’impact actuel du gibier sur la régénération forestière. En divers endroits, en effet, des parcelles ont été récemment clôturées dans l’objectif d’y exclure l’accès au gibier. La comparaison entre la forêt qui y pousse (et s’y régénère !) et l’extérieur des parcelles est vraiment très flagrante !! Nous pouvons visiter ensemble ces parcelles témoins et Natagora reste, en outre, disposée à vous fournir davantage d’informations ou d’illustrations sur ces exemples édifiants.
Contacts : Philippe FUNCKEN (0487-971.711)
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
|